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Michèle Alliot Marie n'a pas tarie d'éloges sur ses ouailles, dans le cadre de l'enquête dite du "sabotage SNCF". Menée tambour battant par toutes les polices de France (même la sous direction anti terroriste) celle-ci à, semble t'il, aboutie ce matin par l'interpellation de 10 personnes. Cueilli un peu partout sur le territoire, les présumés innocents ont été présentés comme un groupuscule d'anarcho-autonome. Sans nom et sans revendications, ces activistes auraient voulu s'attaquer à "un symbole de l'Etat" afin de jouir d'un "fort impact médiatique". On soulignera par ailleurs, que parler d'un "symbole de l'Etat" lorsque l'on le délaisse aux charognards de la privatisation est assez incongrue.

Dans sa conférence de presse la ministre de l'intérieur à surtout insistée sur, je cite :

"les risques de résurgence violente de l'extrême-gauche radicale" et demandé un renforcement de sa surveillance".

Mais qui est donc l'extrême gauche radicale???

En jouant volontairement sur une confusion des esprits, la locataire de la Place Beauveau s'inscrit simplement dans (l'extrême) droite ligne du candidat Sarkozy, qui n'a eu cesse de vouloir liquider Mai 68 pour afficher sa rupture, qui relevait plus de la psychiatrie que du suffrage universelle. Rien ne nous sera donc jamais épargné.
La promesse, qui n'avait l'apparence que d'un beau discours populiste, n'était en réalité que le soubressaut d'une stigmatisation et d'une surveillance policière. Si on peut juger de l'ineptie de vouloir faire dérailler un train (de passagers) et la dangerosité inutile de cette acte on sait depuis longtemps, que l'Etat UMP lorgne là où le monde grogne.
D'une part parce qu'il a comprit qu'il ne fallait pas compter sur le Parti Socialiste pour agglomérer les révoltes. D'autre part, du fait, de l'inévitable ascension d'une gauche qui ne s'est jamais trahie. Enfin, parce que derrière cette gauche se cache une véritable mosaïque de talents. Pas forcément syndiqués. Pas facilement encartables. Mobiles, jeunes, diverses et sachant courir très vite. Contre tout ça, les longs discours, les heures supp, les révisions des manuels d'histoires ne peuvent pas grand chose. Dans un monde qui se numérise, beaucoup ont même fini par reprendre la parole. Ajoutant leurs luttes à celles des autres. Et si c'est sur la toile qu'une partie des choses se fait, l'acte 1 à été d'imposer un certain Nicolas Princen à la surveillance du web.
Ne pouvant jouer sur ce seule tableau, les ministres les plus enclin à reçevoir les pavés ont donc été priés de stigmatiser les mobilisations. Hortefeux dégainant le premier, en portant plainte l'été dernier contre l'association SOS Soutient aux Sans Papiers qui avait appelée à "brûler les centres de rétentions", mouroirs du genre humain et de la République. Plus récemment nous avons appris que Darcos, ministre de la rééducation par la privatisation, était prêt à dépenser 200 000 euros afin notamment de :

  • repérer les leaders d'opinion, les lanceurs d'alerte, et analyser leur potentiel d'influence et leur capacité à se constituer en réseau
  • décrypter les sources des débats et leur mode de propagation
  • anticiper les risques de contagion et de crise.

La "résurgence violente" pourra donc prendre n'importe qu'elle forme possible. Hier au sabotage des voies ferrés. Demain en empêchant une râfle. Pour une colère comme, celle de Lucide Acide ou Plume de Presse. Pour une pancarte "casses toi pauvre con", elle en prendra pour 30 euros. Pour tout le reste on lui coltinera de l'association de malfaiteurs afin de castrer toute vélléités de contestations, ainsi que l'on a commencé à vouloir bouffer les couilles de l'histoire.