Nicolas Sarkozy 21 mai 2008

 

On pourrait simplement se moquer. Pour cette éloquence de comptoir. Cette façon insupportable de bouger les mains et l'anecdote, aussi creuse qu'elle est inutile. Et si tout cela c'était simplement passer lors d'un repas du dimanche. A la tablée familiale, un cousin aurait bien fini par dire « elle est pourrie ton histoire » Pourtant en 1minute et 27, Sarko donne tout ceux qu'il lui a permit de revêtir son costume mal taillée de président

Interpeller

Tout d'abord prendre à partie l'assemblée par une affirmation. Le ton est volontairement grave, comme pour souligner la situation impérieuse et supposer qu'une « cinquième colonne » est déjà à la manœuvre. C'est le coup de la « prise d'otage ». Celui que l'on aime à servir pendant les grèves.

Il aurait pu dire « C'est inadmissible », « Vous vous rendez compte ma pauvre dame »

Se dédouaner

Le libéralisme n'est pas l'idéologie préférée des puissants pour rien. Dans la rhétorique il dit ne rien vouloir imposer. Laissant libre cours aux hommes. D'être ou de ne pas être. De se moquer ou non.

Il aurait aussi pu dire « J'suis de droite...vous savez »

Contextualiser

L'exemple concret. Comme dans les journaux people dans la rubrique « ils sont comme nous ». Sarko est un gens comme vous et moi. Alors il veut bien nous faire croire que lorsque l'envie lui chante, il se ballade incognito sur les Champs.

Il aurait pu dire « Tu vois en bas de chez moi. Vers chez le Dédé... »

Mimer

Grommelerpuis pointer du doigt sa tête, pour mimer la folie.

Il aurait pu dire « Hueumscheutoe...sont fous! »

Accuser

Reporter de nouveau la faute à l'égard des « ils ont », dont on ne fini pas vraiment par savoir de qui il s'agit. Un législateur sans visage, une loi obscure?. « On » est certainement un con, capable de faire autant douter que de savoir. Il certifie que vous n'y êtes pour rien. Quelque soit votre statut. Votre puissance et le nombre d'années passées à faire le job.

Il aurait pu dire « Ces cons vous savez pas ce qu'ils ont fait »

Reprendre

Revenir à l'histoire initialement entreprise. Celle d'un homme sur les Champs Elysées. A ce moment là, bien souligner que l'on est aussi capable de rentrer dans un magasin. Enfant de la télé, Sarko évite soigneusement de nommer les choses.

Il aurait pu dire « Bon je marchais...normal quoi »

Toucher

C'est à dire interpeller le français dans sa chair. Souligner à cette occasion son nouveau statut de star avec un « elle m'avait reconnue » et faire oublier, par la même occasion, son accaparement médiatique.

Il aurait pu dire « C'est vrai que je suis bogosse »

Blaguer

Dans les histoire il y a toujours un moment pour rire. Sentant son audience chauffer à blanc, Sarko dégaine un« Ca va pas le dimanche c'est pas plus long que le lundi ». La plaisanterie fera, à n'en pas douter, plus que n'importe quelle discours sur la volonté d'imposer le travail dominical. Oubliant jusqu'à ses racines chrétiennes, Sarko enfonce des portes ouvertes mais emporte l'évidence.

Il aurait pu dire « Vous savez moi sans mes lunettes...elle est rigolote non? »

Parler tune

L'argent fini de convaincre les derniers réticents. En doublant leur mise le sacrifice devient tout à coup moins pénible. Le complot arrive ainsi à point nommer. Empêchant les volontaires, les sacrifiés et la France entière de ne plus être des hommes libres...au travail

Il aurait pu dire « J'vois pas pourquoi je vous ai raconté tout ça. Parce que quoiqu'il arrive...c'est moi le chef »