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A attendre Barack Obama comme le messie du monde, on a fini par oublier que notre pays en avait aussi. Dans le revers de leurs mains, des sillons plus sombres que les miens. Et au fond d'un regard aux éclats de sang, l'autre moitié de nous même. Dans l'ombre, les Noirs de France représentent 7% de la population. Pas moins de 4,5 millions d'individus qui feraient dire aux âmes étriqués des comptoirs de zinc, « bon dieu on est foutu...Michel remet moi une mousse ».

Si on ne peut prétendre qu'à la caricature, disons franchement que la France à bien rangée sa chambre. A l'instar du communautarisme d'Outre Atlantique, les Domiens n'ont droit qu'aux vertus de la fonction publique. Des trottoirs et des poubelles pour les Subsahariens et la peur de la police pour les derniers arrivés. On dit à ce propos que la délation est revenue au goût du jour. Comme si les langues de putes avaient négociées une trêve. Et on suppute ici et là, que le commissaire aux questions raciales bosse dure en ce moment.

Comment alors comprendre qu'un pays comme les Etats Unis, qui pratiquait le ségrégationnisme il y à encore 40 ans, puisse être en phase d'élire un « homme de couleur »?

Il y a peu Politis consacrait un dossier sur les Noirs de France dans lequel nous avons pu apprendre qu'au delà du racisme ordinaire, persiste une distinction dans la « négritude » même. Du clair au plus foncé les destins ne seraient jamais identiques. Obama, de mère blanche et de père Noir, entrant dans la première catégorie. Les plus fins limiers de l'analyse politique ayant même observés quelques cheveux grisonnants, sur le crâne du candidat. Encore un effort et Barack finira par ressembler à nos sénateurs...la bedaine en moins.

Penser que les étasuniens ouvrent la voie à un peu plus d'humanité à l'occasion de cette élection, serait occulter une autre forme de ségrégationnisme. Celle d'une économie de marché, qui puise évidemment ses pauvres dans les communautés Noirs et Hispaniques.

Combien de Noirs chassés de leurs maisons dans le sillage des subprimes?

Il faut voir à cet égard le nombre de fois ou le sénateur de l'Illlinois reprend le mot « pauvre » dans son programme, pour comprendre le déclin de la première puissance économique mondiale. Qui n'a que le capitalisme comme épouse, ses légions de SDF pour tenir les haillons de sa robe de traîne et son système de votation...fait de cartons à trouer.

Mais l'élan émancipateur ne saurait se résumer qu'à cette symbolique forte, de faire entrer pour la première fois un Noir à la Maison Blanche comme le tartine la presse..."Obamystifiée".

« Parce que notre culture est trop basanée. Qu'elle représente pas assez la France du passé »*

Certes il faut dire qu'en France, où le faux cul de l'assimilation républicaine est censée diluer les couleurs de peaux, ce n'est pas demain qu'un parti fort en promesses présentera un candidat autrement que...vieux, blanc et dégarni. L'histoire inavouée restant l'un des poisons de ce pays, qui à  moins de 3 semaines des cérémonies du 11 Novembre, n'allumera aucune flamme pour rendre hommage aux tirailleurs africains. Morts dans les lacis de terre de l'Empire coloniale français. Parce que de « grosses bouches » ils pouvaient faire peur à l'ennemi. Parce que d'animalité en animalité, la France des Pétain et des Clémenceau ne voyaient en eux, qu'une inépuisable chair à canons.

Combien de traces de trois siècles d'activité négrière sont encore présente dans les rues de Bordeaux-la-bourgeoise? comme le rappelait un hors série de l'Humanité de mai 2008 consacré à l'esclavage.

Certains d'être tenté par la science des quotas. Et un Harry Roselmack plus tard la France amnésique se sentirait forcément mieux. Un projet que le plus petit d'entre tous pourrait bien ressortir des tiroirs d'ici quelques semaines.

En attendant l'élection promise à Obama, on sait que le communiqué de l'Elysée est déjà prêt. Il faudra d'ailleurs surveiller « l'agité du bocal », qui pourrait bien se rendre au chevet de ce président tout neuf pour espérer encore tenir jusqu'en 2012. Et peut être sera t'il pertinent à cette occasion, de lui ressortir son discours de Dakar.


P.S N.P.A : La même semaine aura également lieu l'élection des motions du Parti Socialiste. Car nous en avons aussi de ces gens là. Avec des épines de roses dans leurs poings fanés. Et il faut bien dire que seul Benoît Hamon pourrait encore faire grâce à mes yeux. Mais combien de Noirs parmi eux?


*NTM