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A la guerre on meurt et c’est moche. Désormais il n’y aura plus pour se rappeler, que le pin’s à titre posthume que la « République reconnaissante » voudra bien poser sur le drapeau tricolore. Par dessus le réduit de bois et par dessus le corps tout sec et tout morcelé.

Puissent ils être niais les socialistes avaient dénoncé il y a peu le renfort des soldats français en Afghanistan. Mais beugler sous les dorures de l’Assemblée ne fait pas une fièvre. Comme arracher un autocollant UMP ou renvoyer un fumigène. Tout ceci relève de la légitime défense, car c’est après que tout se joue. Lorsqu’il faut investir une beuverie du MEDEF ou même improviser une émeute.
Et combien même crier ne saurait faire oublier que le gouvernement socialiste de Lionel Jospin avait, en son temps, envoyé des soldats en Afghanistan.

L’atlantisme sarkozyste n’est plus à pleurer. Chacun sait que le gouvernain est né avec une cuillère de beurre de cacahuète dans la bouche. Mais désormais lorsqu’il abaissera la soie de ses draps, il n’y a aura plus la naïveté de Carla pour oublier, mais le visage des marsouins déchiquetés. Avec au fond des yeux une même désolation qui pendouille en lambeaux de chairs.

Cette foutue posture saurait presque nous faire regretter la pugnacité d’un militaire qui s’appelait De Gaulle. Qui aux "larbinisme" (théorie de la dévolution) avait substituer un temps…une bonne paire d’ovaire. Mais puisqu’ils ont dit que la modernité était la braderie de la grande histoire des Hommes, alors il faut pouvoir offrir de la chaire à canon comme ailleurs, on a abandonné le programme  du Comité
National de Résistance aux pitbulls du MEDEF.


Nous savons la guerre indispensable aux décideurs. Pour gouverner le jour d’après celui-ci. Pour s’armer. Nous armer. Truffer le sol de saloperies qui t’arrache une jambe. Pour un peu plus de trouille. De flics, de vigipirate. La guerre de si peu contre le reste du monde. Pour protéger les oléoducs. Pour des caméras de surveillance. Pour détourner l’attention. Pour détrousser les acquis sociaux. La putain de guerre pour corriger l’histoire. Pour assujettir les « autochtones ». Pour Dassault, Lagardère, Caterpillar, Sodexho, EADS, pour renverser, remettre au pouvoir, engraisser, corrompre et finir par s’enorgueillir de frappes chirurgicales magnifiques ou de dommages collatéraux vraiment, vraiment regrettable.   

Vouloir la démocratie, cette conne, supposerait l’assentiment de chacun aux règles qui en résulte. La reconnaissance des conventions des guerres. La non prolifération des armes. Des bombes à fragmentations. Des bombes à sous munitions. Le respect de la dignité humaine, de l’équité des procès, des représentations nationales, des institutions internationales et de toutes ces choses bafouées et balancées aux oreilles de l’occident comme des musiques d’attente.

Si on peut traiter de fourbe le taliban qui se terre dans ses cailloux avec son âme moyenâgeuse, comment considérer l’américain qui déporte sa haine à Guantanamo et refuse par tout moyen de reconnaître la Cour Pénale Internationale? Comment considérer le français de sinistre réputation de tortionnaire, qui pisse à la gueule des tirailleurs engagés de force et recueil les autocrates ?  Comment considérer le russe qui déborde impunément, braque, brûle, mate, viol et répète jusqu’à sa propre histoire ? Comment considérer la guerre autrement qu’en une crasse mondialisée ?

Un jour les géorgiens s’harnacheront de plastique au détour d’un convoi de militaires russes. Un jour nous aligneront 1000 cercueils au Trocadéro, avec des pancartes blanches qui diront ASSEZ par dessus notre lassitude. Un jour il n’y aura plus de cerf volant dans le soleil d’Alger. Il n’y aura plus d’enfants à deux jambes en Afghanistan. Il n’y aura plus assez de béton pour enclaver Israël. Il n’y aura plus assez de procès pour juger les fous mais seulement des accords de Munich.

Nous encourageons tous les soldats à déserter. A chier sur leur ordre de mission et à lever le poing au lever du drapeau. Quelque soit le fanion qui pèse par dessus leurs épaules. Qu’ils fuient. Loin. Très loin. Avant qu’il ne soit trop tard. Avant qu’à titre posthume…

Car si la guerre était juste, il n’y aurait pas de généraux pour la mener.