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Nathalie Ménigon est libre. La main bousillée et le souvenir lent.

Il faut voir la gueule moche que le pouvoir rend à ceux qui s’opposent à lui. Il faut voir Joëlle Aubron cracher sa crasse dans les geôles françaises avant d'en crever. Il faut voir Marina Petrella, violée par la parole reprise et à qui on offre désormais la pitié.

Il y a dans la mer des hommes buvards. Gorgées d’une eau salée et de pourvois assassinés. Mais l’éclat des hommes gras fait plus de bruit que le plouf des corps qui se noient.
Il y a dans nos usines commerciales des corps désarticulés. Par le manège des tapis roulants et de ces chimères inaccessibles.
Il y a toutes ces carcasses, celles des prisons et puis il y a celle du général Audran. Pour avoir commercé les armes de l’Etat français, Action Directe l’a abattue. Froidement et sans que les caisses d’armes made in France, ne cessent pour autant d'arriver aux mains des potentats fantoches des démocratures mondiales.


Qu’importe, le fracas des usines que l’on dynamite résonne toujours plus fort que celui des pays que l’on assèche. Et lorsque les plus pauvres viennent à mépriser les plus faibles, le consortium capitaliste atteint sa jouissance mécanique. Même pas un râle. Seulement le bruit de la caisse enregistreuse et des bottes. 

*« Il savait depuis toujours – son père, qui le tenait de son père, lui avait mis ça dans le sang – que les pauvres font de leurs mains les canons pour se faire tuer mais que ce sont les riches qui les vendent »

La coordination des « fièvres » se propagera toujours moins vite qu’un disque de Madonna.


Il suffirait de savoir quoi vomir en premier, pour avoir le ventre moins lourd.

Alors dans ce monde simplifiée, pour mieux le rendre flou, comprenez combien il est aisé d’étiqueter Action Directe en groupuscule « terroriste ». Et dans un même sac retrouver, Al Quaeda, l’ETA, l’IRA, le FLNC, les FARC et même l’armée des ombres du sous commandant Marcos. Et ceux aux seules raisons que le corps majoritaire se substitue aux alternatives privés.

A singer ainsi l’histoire il faut parfois se demander si, de forces disproportionnées et pesant le poids des 21 grammes d’une âme qui meurt, si, les membres d’Action Direct n’avaient pas raison.

Arriver aux abois de la balle dit pourtant combien le monde anormal nous a rendu chiens. Mais pour des gamelles de quoi devrions nous pleurer les corps gras abattus?

Souffrir de la patience et du consensus doit il pour autant entretenir ce que l’on exècre des puissances et des consortiums militaro-industriel ? Ce droit de vie et de mort.

Il n’y a probablement que le regret qui ne peut s’appeler combat.


Nathalie Ménigon est libre désormais. Revenue des réduits clos jusqu'ici. Dans notre immense espace de démocratie carcérale. 

* Japrisot - Un long dimanche de fiançailles