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D'une récession, nous connaitrons un jour bien plus que ce terme. Le capitalisme est une promesse. Une promesse faites à tous les doigts cornés et usés. Aux toux de bave. Aux toux de sang. Aux toux de bave et de sang mêlées. Aux lombaires brisées des caissières arc boutées. Aux bouches des élèves de mensonges asphyxiées. Aux usines et à ses cadavres soudés. Aux pêcheurs par le mazout harponné et aux veuves des ouvriers de chantiers, le capitalisme est une promesse, juré craché.

D'une récession poindra, le jour nouveau, une dépression. Ce mot affreux, à qui je me sens si seul de tendre mes bras blessés. Et un jour, la dépression sera l’enfant bâtard de cette récession, que je voulais tant choyer.

Car les économistes sont comme ça. Aux maux du capitalisme, les maux de l’homme ils ont colmatés.
Et alors si c'est un homme, il pourra regarder ses pieds. Plats pieds, parce que déformé. Et du sang sous la corne pour s’être piégé. Comme un serpent étouffé d’orgueil et de préjugés, le capitalisme avait les pieds troués.  De larges trous de s’être flingué. Et si c’est un homme il pourra regarder ses mains. Lourdes et souillés d’avoir trop recompté. Le doigt humide et la langue délié. Pour lui, un jour avant, il aurait fallu intoxiquer les coupures imprimés.
Et si c’est un homme. Qui marche dans son sang. Qui titube dans le vomi de ses gains et qui chute parce que empoisonné. Alors, je le regarderai tomber. Car ce n’est pas une âme mais une ombre que j’aurais soudain deviné.

Car si c’est un homme comme le reprenait Max Gallo en parlant de ce grand. De ce Panthéon couché, dans son cercueil de bleu, de blanc, de sang nappé. Ce drapeau qui pour un jour –trop tard- s’incline à ses côtés.
Car si lui est un homme, même mort, son âme pourra se relever. Et sur des terrils de sang et de boue cet homme pourra se redresser. Sans arme. Même pas les mains levés. Dans un no man’s land, abattu du cri de ceux de Vingré, il ne fera qu’avancer. Libre. Au vent des gaz épargné mais par le truchement des grâces soudain rattrapé. Et si c’est un autre qui veut se l’accaparer, probable qu’il est déjà subi la récession de sa propre destiné. D’une gloire éphémère de mains serrés, celui là à laissé suinté arrogance et lâcheté. Et si c’est un lâche qui veut acheter. Qui sous ses talonnettes s’amuse à éventrer le socle des damnés. Aveuglant la veuve, l’orphelin et toutes les télés, alors lui, lui aussi je voudrais le voir tomber.

Regarder les lâches tomber, dans un immense gouffre à sceller.

Que d’un souvenir amnésique chacun se sentent emparé. Puissions nous ne plus savoir où les lâches avaient chutés. Et si c’est un homme qui peut nous succéder. Un jour longtemps après. De la dépression ne connaitra t’il, peut être, qu’un sentiment exagéré. D’un amour qui s’éloignerait et d’une quête pour lui succéder. Et si c’est un homme, alors sans doute ses idées auront triomphé, de la récession que le marché imposait. Et si c’est un homme il pourra regarder ses pieds, du pavé à fouler, préserver. Et si c’est un homme il ne saura de la lâcheté, qu’une peur oublié. Comme un souvenir amnésique. Car si c’est un homme, enfin, il ne faudra pas sans cesse le lui rappeler.