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Sondage

Nous ne doutons de rien. Dans la vase des sondages, où chaque politique puise sa légitimité pour faire basculer une opinion aussi naïve qu'intoxiquée, stagne aussi les méduses de la démocratie. Insaisissables lorsque l'on peine à vouloir les ramener à soi et les soumettre pour de bon.

Nous ne doutons de rien. Les dimanches se sacrifient à offrir, vivant, sur l'autel médiatique, la profession de foi de cette majorité. Et silencieuse, celle-ci n'oublie jamais pour autant de réciter son psaume dominicale. Les week-end servent aussi à cela. Bruler des cierges aux portes du pouvoir jusqu'au lundi qui suit. Un lundi de pluie. Forcément.

Nous ne doutons de rien. Si François Fillon, dont la banqueroute politique à aussi atteint les mots de sa bouche, devance désormais son gourou, c'est bien que notre devenir se profile en un labeur, ennuyeux, absurde et inutile. Une récession des champs du possible. Une régression sociale, tant il faut comprendre que les caisses de l'Etat ont été pillées par les plus riches, en à peine quelques mois.

Et a qui pourra t'on faire croire, que l'une des 8 plus grandes puissances économiques mondiale ne disposait que de 15 petits, ridicules, milliards d'euros?

Nous ne doutons de rien. La carotte de ce sondage, jetée en pâture à des socialistes atrophiées, ne peut réjouir que ceux qui ont arrêté d'imaginer plus. Ce devoir inhérent à toute gauche, d'imaginer mieux.

Et de "changer la vie", a quel moment se sont ils permit d'en douter?

Nous ne doutons de rien. Ainsi qu'il est devenu indispensable d'habituer la masse aux humeurs versatiles du marché, l'opinion, elle même, désigne le plus mauvais d'entre nous comme le désespoir le plus prometteur.

"Grignoter votre hostie d'heure supplémentaires et le pain noire de vos jours"

Nous ne doutons de rien et même si, le plus petit d'entre les plus riches, s'est fait avoir par son omniprésence, il rebondira aussitôt. Habitué de ruses. Armé d'orgueil. Remplie d'humiliations à distribuer et de populisme à gerber.
C'est ainsi que par cet excès compulsif du péché du pouvoir, le souverain divin, a, dès hier, renié la politique européenne en matière de pêche. Distillant, à qui veut bien crever dans les sang des derniers cabillauds agonisants, son mensonge.
C'est ainsi, que préparant sa lente fuite à Varennes, il répand désormais ses mirages dans de grands thèmes de civilisation et de religion. 

Nous ne doutons de rien. Ce sondage ni ne sert, ni ne dessert un pouvoir accommodé à gouverner contre toutes nos indigestions chroniques. Car en réalité, il n'y a pas d'opinions mais des portefeuilles. Des théories de commerces, des ragots de couloirs et des fiches de paye que l'on pointe du doigt.
Redonner du pouvoir d'achat, au mépris même de l'existence humaine, permettant d'engranger 10 ans d'avance dans les sondages d'opinions. Car pour un peu moins de misères financière, la compromission deviendrait majoritaire, voire absolue.

Nous ne doutons de rien. L'opinion est néfaste à la majorité et la majorité, est dangereuse à l'égard des opinions.

Nous ne doutons de rien. Les sondages cloisonnent les alternatives et retranchent dans des colonnes inertes, des catégories d'âges. Des professions hachés menus, elles aussi, dans des cases. Des années accumulées par dessus des visages et des catégorie socio-professionnelles, a dresser les unes contre les autres.
Hachées menus les individus pour mieux les diviser et trancher le lien. Trancher...tranchée...tient l'avant dernier poilu à ravaler la crasse jaunâtre d'Ypres. Emportant avec lui, le souvenir des corps pourrissants de ferrailles, et ce que l'opinion de la majorité ou la majeure partie de l'opinion ne veut pas retenir : La répétition de l'histoire. Car, nous ne doutons de rien, dès dimanche la messe recommencera.